Bateau de passagers bleu et blanc battant pavillon paraguayen sur la baie d’Asunción, dans le río Paraguay

Le Paraguay est-il un paradis fiscal ? Listes officielles, taux et obligations pour un Français

Le Paraguay est-il un paradis fiscal ? Statut sur les listes UE, ETNC, GAFI et OCDE en octobre 2026, taux de 10 % et obligations d’un Français.

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Photo Cmasi, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

liste noire ou grise (UE, ETNC, GAFI) où figure le Paraguay au 18 octobre 2026
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taux de l’IRE sur le revenu net d’une activité (loi 6380/2019, art. 21)
10 %
année visée pour les premiers échanges automatiques CRS du Paraguay (OCDE, 30 septembre 2026)
2028
Sommaire

Non, pas au sens des listes officielles. Au 18 octobre 2026, le Paraguay ne figure ni sur la liste de l’Union européenne des juridictions non coopératives, ni sur la liste française des ETNC, ni sur les listes noire et grise du GAFI. Sa fiscalité est basse et territoriale, mais elle ne rend pas la vie d’un Français « paradisiaque » : l’IVA, le fisc français et le formulaire 3916 restent là.

Paraguay et listes noires des paradis fiscaux : UE, ETNC, GAFI, OCDE

« Paradis fiscal » n’est pas un statut unique. Chaque institution tient sa propre liste, avec ses propres critères, et un pays peut figurer sur l’une sans figurer sur l’autre. Le Paraguay, liste par liste, vérifié à la source le 18 octobre 2026 :

ListeQui la tient et ce qu’elle mesureParaguay au 18/10/2026
UE, annexe I (non coopératives)Conseil de l’UE : transparence, équité fiscale, mesures anti-BEPSAbsent (8 pays, liste adoptée le 9 octobre 2026)
UE, annexe II (engagements en cours)Conseil de l’UE : pays coopérants qui doivent encore réformerAbsent (10 juridictions)
ETNC (art. 238-0 A du CGI)France : coopération administrative avec la France, reprise de la liste UEAbsent (11 inscrits, arrêté du 15 avril 2026)
GAFI, liste noire et liste griseGAFI : lutte contre le blanchiment et le financement du terrorismeAbsent des deux (déclarations du 19 juin 2026)
Forum mondial de l’OCDEOCDE : échange de renseignements fiscaux sur demandeMembre depuis 2016, rapport de phase 1 publié en 2023
CRS (échange automatique)OCDE : transmission annuelle des comptes financiersPas encore d’échange, premiers échanges visés en 2028

Le Paraguay est-il sur la liste noire de l’Union européenne ?

Non. Le Conseil de l’UE a adopté le 9 octobre 2026 la liste des juridictions non coopératives à des fins fiscales : 8 pays y figurent (Samoa américaines, Anguilla, Guam, Palaos, Russie, Îles Turques-et-Caïques, Îles Vierges américaines, Vanuatu). La liste devient officielle à sa publication au Journal officiel de l’UE. L’annexe II, qui recense les pays coopérants ayant des réformes à finir (Îles Vierges britanniques, Brunéi, Eswatini, Groenland, Jordanie, Monténégro, Maroc, Panama, Turquie, Viêt Nam), ne cite pas non plus le Paraguay. Pour comparer, Panama est à l’annexe II : voir Paraguay ou Panama pour les autres critères.

Le Paraguay est-il un ETNC pour la France ?

Non plus. La liste française des États et territoires non coopératifs est fixée par arrêté en application de l’article 238-0 A du CGI et mise à jour au moins une fois par an. Le dernier arrêté, celui du 15 avril 2026 (JORF du 26 avril), compte 11 inscrits : Antigua-et-Barbuda, Anguilla, Îles Turques-et-Caïques, Vanuatu, Guam, Îles Vierges américaines, Palaos, Panama, Russie, Samoa américaines et Viêt Nam. Un État y entre s’il n’échange pas les renseignements nécessaires avec la France, si le Forum mondial de l’OCDE le juge défaillant ou s’il figure sur la liste noire de l’UE. L’inscription déclenche des mesures fiscales dissuasives (BOFiP BOI-INT-DG-20-50-10). Le Paraguay n’est pas concerné.

Paraguay et GAFI : la liste grise concerne le blanchiment, pas l’impôt

Le GAFI publie deux documents trois fois par an : les juridictions à haut risque soumises à un appel à l’action (la « liste noire ») et celles placées sous surveillance renforcée (la « liste grise »). Dans la version du 19 juin 2026, la liste grise compte 22 juridictions (Angola, Bolivie, Bulgarie, Monaco, Viêt Nam et d’autres) et le Paraguay n’y est pas. Le Paraguay est membre du GAFILAT, l’organisme régional du GAFI pour l’Amérique latine, et son évaluation mutuelle a été publiée le 9 novembre 2022 (visite sur place en août et septembre 2021).

Ces listes mesurent la lutte contre le blanchiment : un pays peut être « propre » pour le GAFI et pourtant peu transparent fiscalement, et inversement. La page pays du GAFI rattache aussi au Paraguay des déclarations de suivi de 2010 à 2012 : un statut s’apprécie à une date donnée, il n’est pas acquis « pour toujours ».

Le Paraguay et le Forum mondial de l’OCDE sur la transparence fiscale

Le Paraguay a rejoint le Forum mondial en 2016. Son rapport du 2e cycle, publié le 19 juillet 2023, ne porte que sur la phase 1 (le cadre juridique) : il ne donne pas de note globale, et nous n’avons pas trouvé de rapport de phase 2 à la date de vérification. Le pays a approuvé la convention multilatérale d’assistance administrative mutuelle en matière fiscale par la loi 6656/2020, ce qui permet l’échange de renseignements sur demande avec la France, elle aussi partie à cette convention. Asunción a accueilli la 17e réunion plénière du Forum du 26 au 28 novembre 2024.

Paraguay et CRS : l’échange automatique n’a pas commencé

Le CRS est l’échange annuel et automatique des soldes de comptes financiers entre administrations fiscales. Selon le tableau des engagements de l’OCDE mis à jour le 30 septembre 2026, le Paraguay fait partie des juridictions visant leurs premiers échanges d’ici 2028. La plénière de 2024 évoquait 2027, mais le document le plus récent fait foi. En pratique, un compte ouvert au Paraguay par un résident fiscal français n’est donc pas encore transmis automatiquement. Cela ne change rien à l’obligation de le déclarer en France, et l’administration française peut déjà interroger le Paraguay sur demande.

Pourquoi la fiscalité du Paraguay est basse : taux de 10 % et territorialité

La réputation du Paraguay vient de deux choses, des taux faibles et d’un principe de territorialité, tous deux issus de la loi 6380/2019 en vigueur depuis 2020.

  • IRE à 10 % sur le revenu net des activités économiques (art. 21).
  • IRP de 8 à 10 % sur les services personnels, par tranches, et 8 % sur les revenus du capital. L’assujettissement commence au-delà de 80 millions de guaranis de revenus bruts annuels, soit environ 12 300 € au cours de la Banque centrale du 16 octobre 2026 (1 € = 6 496,31 ₲).
  • IDU de 8 % sur les dividendes versés à un résident, 15 % à un non-résident.

La territorialité signifie que seuls les revenus de source paraguayenne sont visés : activité exercée dans le pays, biens qui s’y trouvent, droits qui y sont utilisés. Le détail du mécanisme, ses exceptions et des exemples chiffrés sont dans la page fiscalité territoriale au Paraguay. Une fiscalité basse n’est pas une fiscalité nulle, et surtout pas un statut de paradis fiscal : les paradis fiscaux au sens des listes se définissent par l’opacité et le refus de coopérer, pas par le niveau des taux.

Document financier avec graphiques, calculatrice et stylo posés sur un bureau devant un clavier
Les taux paraguayens sont bas, mais ils s’appliquent aux seuls revenus de source paraguayenne. Photo Bia Limova, Pexels

Pourquoi le Paraguay n’est pas un paradis fiscal pour un Français

IVA à 10 % : les impôts sur la consommation s’appliquent à tous

L’IVA, la TVA paraguayenne, est de 10 % au taux général et de 5 % sur les loyers d’habitation, les ventes d’immeubles, les produits du panier familial, les produits agricoles et les médicaments enregistrés (loi 6380, art. 84 et 90). Un résident y est soumis comme n’importe quel consommateur, quel que soit l’endroit d’où viennent ses revenus.

Domicile fiscal en France : l’article 4 B du CGI reste applicable

Le niveau des taux paraguayens ne compte pas pour la France tant qu’elle vous considère comme domicilié sur son sol. L’article 4 B du CGI retient trois critères, un seul suffit : le foyer ou le lieu de séjour principal en France, l’activité professionnelle principale, ou le centre des intérêts économiques. Tant qu’un des trois est rempli, vous restez imposable en France sur votre revenu mondial. Comment se juge cette résidence et comment la quitter proprement : résidence fiscale au Paraguay et départ de France.

Aucune convention fiscale entre la France et le Paraguay

Le Paraguay ne figure pas dans la liste des conventions fiscales publiée par impots.gouv.fr (141 conventions, consultée le 18 octobre 2026). Aucune clause de départage ne tranche donc un conflit de résidence entre les deux États et aucun crédit d’impôt conventionnel n’évite la double imposition. Le point est traité dans convention fiscale France-Paraguay.

Formulaire 3916 et exit tax : les obligations déclaratives françaises

Un résident fiscal français doit déclarer ses comptes détenus à l’étranger avec le formulaire 3916 : l’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € quand l’État n’a pas de convention d’assistance administrative avec la France (750 € par compte d’actifs numériques). Le Paraguay étant partie à la convention multilatérale d’assistance administrative, vérifiez sur la notice du formulaire quel taux s’applique à votre cas. L’exit tax (art. 167 bis du CGI) vise de son côté les départs d’un contribuable résident fiscal en France depuis au moins 6 des 10 dernières années et détenant des titres d’au moins 800 000 € ou 50 % des bénéfices d’une société.

Ordinateur portable affichant un planisphère sur un bureau en bois, devant une carte du monde murale
L’échange d’informations entre administrations existe déjà sur demande, et il est prévu en automatique pour le Paraguay. Photo Pexels

Paradis fiscal, optimisation, évasion : ce que cette page ne promet pas

S’installer au Paraguay est légal, y vivre de revenus étrangers aussi, à condition de quitter réellement la France au sens de l’article 4 B. Le simple fait de déclarer le Paraguay comme adresse ne suffit pas, et cette page n’affirme pas qu’on y paie moins d’impôt : cela dépend de votre foyer, de la nature et de l’origine de vos revenus, et de l’avis d’un avocat fiscaliste ou d’un notaire. Elle sert à répondre à une seule question, celle du statut du Paraguay sur les listes, et à rappeler ce que ce statut ne change pas pour vous.

Les listes changent : ce qui peut évoluer pour le Paraguay

L’UE révise sa liste deux fois par an, la France met la sienne à jour au moins une fois par an (BOFiP), et le GAFI publie ses deux documents trois fois par an. Le statut du Paraguay vaut donc à la date de vérification, le 18 octobre 2026. Le prochain point d’attention est le CRS : quand les premiers échanges automatiques démarreront (2028 selon l’OCDE), les comptes des résidents fiscaux français au Paraguay seront transmis chaque année à la France, au-delà de l’échange sur demande déjà possible.

Sources et date de vérification

Tout a été vérifié le 18 octobre 2026.

Liste de l’UE : consilium.europa.eu, page « EU list of non-cooperative jurisdictions for tax purposes » (adoption du 9 octobre 2026). ETNC : bofip.impots.gouv.fr, BOI-INT-DG-20-50-10 (version du 26 août 2026), et arrêté du 15 avril 2026 (NOR ECOE2602422A) sur Légifrance, dont la liste a été lue via un commentaire de KPMG Avocats, la page Légifrance n’étant pas consultable lors de la vérification.

GAFI : fatf-gafi.org, déclarations du 19 juin 2026 et page pays du Paraguay. OCDE : rapport du Forum mondial sur le Paraguay (19 juillet 2023), document des engagements AEOI (mise à jour du 30 septembre 2026) et déclaration de la plénière du 26-28 novembre 2024, sur oecd.org.

Paraguay : lois 6380/2019, 6656/2020 et 6657/2020 sur bacn.gov.py. France : impots.gouv.fr (conventions internationales, résident de France, formulaire 3916, exit tax). Cours de change : bcp.gov.py, 16 octobre 2026. Ce guide informe, il ne remplace pas l’avis d’un conseil fiscal.

Questions fréquentes sur le Paraguay paradis fiscal

Quelle est la fiscalité au Paraguay ?
Quels pays sont des paradis fiscaux ?
Quels pays n’ont pas de convention fiscale avec la France ?
Quels pays sont sur la liste grise ?
Qu’est-ce que la liste noire du GAFI ?