- taux de l’IRE sur le revenu net d’une activité (loi 6380/2019, art. 21)
- 10 %
- barème de l’IRP sur les services personnels, par tranches
- 8 à 10 %
- seuil d’assujettissement à l’IRP, soit environ 12 300 € (BCP, 16/10/2026)
- 80 M ₲
Sommaire
Le Paraguay applique la territorialité de l’impôt : la loi 6380/2019 ne frappe que les revenus de source paraguayenne, c’est-à-dire une activité exercée dans le pays, des biens qui s’y trouvent ou des droits qui y sont utilisés. Les revenus de source étrangère d’un particulier sortent de l’impôt personnel (IRP), mais cette règle n’est ni automatique ni suffisante pour un Français. Tant que la France vous considère comme domicilié sur son sol, elle taxe votre revenu mondial, et aucune convention France-Paraguay ne vient arbitrer. Pour une mise en regard avec un autre pays d’expatriation, voyez la comparaison Paraguay et Panama.
Fiscalité au Paraguay : les impôts et leurs taux en 2026
La réforme de 2019 (loi 6380 « de modernisation et de simplification du système tributaire national », promulguée le 25 septembre 2019) s’applique par étapes depuis 2020 : IRP, IDU, impôt des non-résidents et IVA au 1er janvier 2020, IRE au 1er janvier, 1er mai ou 1er juillet 2020 selon la clôture de l’exercice (décret 2787/2019). La « date du 1er juillet 2020 » souvent citée n’est donc que l’une des trois dates de l’IRE. L’administration compétente est la DNIT (Dirección Nacional de Ingresos Tributarios).
| Impôt | Ce qui est visé | Taux | Loi 6380 |
|---|---|---|---|
| IRP, services personnels | Salaires, honoraires, activité indépendante d’une personne physique résidente | 8 % jusqu’à 50 M ₲, 9 % de 50 à 150 M ₲, 10 % au-delà | art. 62, 69 |
| IRP, capital | Loyers, redevances, plus-values de source paraguayenne | 8 % | art. 57, 60 |
| IRE | Revenu net des activités économiques (société, entreprise unipersonnelle) | 10 % | art. 1, 21 |
| IDU | Dividendes et bénéfices distribués par une société paraguayenne | 8 % si le bénéficiaire est résident, 15 % s’il ne l’est pas | art. 40 à 43 |
| INR (non-résidents) | Paiements de source paraguayenne à un non-résident, retenue libératoire sur une base présumée | 15 % | art. 71 à 79 |
| IVA | Ventes de biens et prestations de services dans le pays | 10 % (général), 5 % (loyers d’habitation, ventes d’immeubles, produits du panier familial, médicaments enregistrés) | art. 84, 90 |
Le barème de l’IRP s’applique tranche par tranche, sur le revenu net. Les montants sont en guaranis : au cours de la Banque centrale du Paraguay du 16 octobre 2026 (1 € = 6 496,31 ₲), 50 millions valent environ 7 700 €, 150 millions environ 23 100 € et le seuil de 80 millions environ 12 300 €. La loi permet au pouvoir exécutif d’actualiser ces montants (art. 139) : revalidez-les sur dnit.gov.py avant toute décision. Pour une société, l’IRE de 10 % frappe d’abord le bénéfice, puis l’IDU frappe la distribution (voir les exemples plus bas).

Revenus de source paraguayenne : ce qui est imposé
L’article 6 (IRE) et l’article 48 (IRP) posent la même règle : sont de source paraguayenne les revenus issus d’activités exercées dans la République, de biens situés dans le pays ou de droits utilisés économiquement sur place. Concrètement : les honoraires d’un consultant qui travaille depuis Asunción, les loyers d’un appartement à Encarnación, la vente d’un terrain paraguayen, les dividendes d’une SRL paraguayenne. La nationalité, le lieu de signature du contrat et la localisation du client n’y changent rien : ce qui compte, c’est où le travail est exécuté. Un indépendant qui facture des clients étrangers mais travaille depuis son bureau d’Asunción exerce, à la lettre, une activité dans le pays. Ce n’est pas la loi 125/1991 (« art. 5 »), que plusieurs guides citent encore : ses livres I, III et IV ont été abrogés par l’article 153 de la loi 6380.
Les intérêts de dépôts dans les banques et coopératives paraguayennes sont exonérés d’IRP (art. 56 n°12), de même que les titres négociés en Bourse sous le contrôle de la Comisión Nacional de Valores (art. 56 n°10).
Services rendus depuis l’étranger à un client paraguayen
Le piège classique des indépendants : l’article 48 n°3 range aussi parmi les revenus de source paraguayenne les rémunérations de services personnels exécutés hors du territoire par un contribuable de l’IRP, à condition que le client soit lui-même contribuable de l’IRE ou de l’IRP. Travailler depuis l’étranger pour une entreprise paraguayenne ne fait donc pas sortir le revenu du champ de l’impôt. Un client français ou européen n’est pas contribuable paraguayen : la règle ne le vise pas.
Société paraguayenne et activités à l’étranger : le dernier alinéa de l’article 6
Pour un contribuable de l’IRE (société, entreprise unipersonnelle), le « 0 % sur l’étranger » n’est pas garanti. Le dernier alinéa de l’article 6 répute de source paraguayenne les activités menées à l’étranger, sauf si un impôt sur le revenu d’au moins 10 % a été payé à l’étranger sur ces mêmes revenus. Un crédit d’impôt étranger existe (art. 134), plafonné à l’impôt paraguayen dû sur ces revenus. Choisir entre rester personne physique (IRP) et ouvrir une structure (IRE) change donc la règle : le détail des formes de société est dans créer une société au Paraguay.
Revenus de source étrangère au Paraguay : ce qui n’est pas imposé
L’article 48 ne vise que les revenus de source paraguayenne, et l’article 57 (revenus du capital) ne cite que des dividendes d’entités constituées au Paraguay, des intérêts payés par des résidents, des redevances utilisées dans le pays et des plus-values sur des biens situés sur place. Un revenu de source étrangère ne figure donc pas dans l’assiette de l’IRP. La loi ne contient pas de phrase unique « les revenus étrangers sont exonérés » : cette conclusion vient de la lecture combinée de ces articles. Faites-la confirmer par la DNIT ou un conseil local pour votre situation.
En pratique, la preuve de l’origine vous incombe : contrats, factures, virements entrants et lieu d’exécution des prestations doivent pouvoir être produits en cas de contrôle. Un compte qui reçoit vos paiements étrangers est utile pour cette traçabilité (voir ouvrir un compte bancaire au Paraguay).
Intérêts et dividendes de source étrangère
- Dividendes d’une société étrangère perçus par un particulier résident : aucun article de l’IRP ni de l’IDU ne les vise, car l’IDU ne concerne que les sociétés constituées au Paraguay.
- Intérêts versés par un débiteur étranger : hors de l’article 57, qui ne couvre que les intérêts payés par des résidents.
- Dividendes d’une société paraguayenne : IDU de 8 % pour un bénéficiaire résident, 15 % pour un non-résident, et non IRP.
Loyers et plus-values
Les loyers d’un bien situé hors du Paraguay ne sont pas dans le champ de l’article 57 n°6, de même que les plus-values sur des biens situés à l’étranger. Un loyer paraguayen est imposé à 8 % sur 50 % du loyer brut, ou sur le net documenté si le contribuable le choisit (art. 59 n°2). Ne confondez pas non-imposition au Paraguay et non-imposition tout court : la France conserve ses droits sur un bien situé en France, quel que soit votre pays de résidence. Le marché locatif local est présenté dans la page sur l’investissement immobilier au Paraguay.

Recevoir des paiements étrangers
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Exemples chiffrés de fiscalité paraguayenne en 2026
Ces trois cas sont illustratifs. Ils excluent les cotisations, les prélèvements sociaux et tout conseil individuel. Conversion au cours BCP du 16 octobre 2026 (1 € = 6 496,31 ₲).
Un consultant installé au Paraguay, client français, travail exécuté sur place
Revenus de 60 000 € par an, soit environ 389,8 millions de guaranis, personne physique, aucune dépense déductible. L’activité est exercée au Paraguay : elle est de source paraguayenne, même si le client est français. Calcul de l’IRP, tranche par tranche :
- 8 % × 50 millions = 4 000 000 ₲.
- 9 % × 100 millions = 9 000 000 ₲.
- 10 % × 239,8 millions = 23 977 860 ₲.
Total : environ 37 millions de guaranis, soit 5 700 €, un taux effectif de 9,5 %. L’IVA de 10 % sur la prestation est un sujet à part : la loi lue n’exonère pas expressément l’exportation de services, faites confirmer votre cas à la DNIT. La même activité exécutée physiquement hors du Paraguay pour un client non contribuable paraguayen ne serait pas de source paraguayenne, mais la charge de la preuve du lieu d’exécution reste la vôtre.
Dividendes d’une SRL paraguayenne
Bénéfice avant impôt de 100 000 €. L’IRE de 10 % prélève 10 000 €, il reste 90 000 €. Distribué à un actionnaire résident : IDU de 8 % = 7 200 €, soit 17 200 € d’impôt au total (17,2 %). Distribué à un actionnaire non résident : IDU de 15 % = 13 500 €, soit 23 500 € (23,5 %). Attention aux distributions réputées faites : prêts aux associés, retraits sans contrepartie et dépenses personnelles payées par la société sont traités comme des dividendes (art. 40).
Loyers d’un bien en France, propriétaire installé au Paraguay
Loyers nets de 12 000 € par an. Le Paraguay ne les impose pas (bien situé à l’étranger). Si votre domicile fiscal n’est plus en France, la France impose ce revenu foncier de source française au taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable (revenus 2025), soit 2 400 € avant prélèvements sociaux, et avant l’option éventuelle pour le taux moyen. Si votre domicile fiscal reste en France, ce loyer s’ajoute à l’ensemble de votre revenu mondial.
Limites de la territorialité pour un Français
La territorialité paraguayenne règle ce que le Paraguay taxe. Elle ne dit rien de ce que la France décide de taxer. Les deux questions sont indépendantes : la première dépend de la loi 6380, la seconde de votre domicile fiscal. Pour la définition de la résidence côté paraguayen et les démarches de départ, voyez la résidence fiscale au Paraguay et le départ de France.
Domicile fiscal en France : l’article 4 B du CGI
Vous avez votre domicile fiscal en France si un seul de ces trois critères est rempli.
- Votre foyer est en France, ou à défaut votre lieu de séjour principal.
- Vous y exercez une activité professionnelle à titre principal.
- Vous y avez le centre de vos intérêts économiques.
Une personne dont les revenus de source française dépassent ses revenus de source étrangère a son centre d’intérêts économiques en France, selon impots.gouv.fr. Quitter le territoire ne suffit donc pas : un conjoint et des enfants restés en France, une activité française ou l’essentiel de vos revenus français maintiennent le domicile fiscal. Dans ce cas, la France vous impose sur l’ensemble de vos revenus, y compris la rémunération de votre activité à l’étranger.
Paraguay et France : pas de convention fiscale
Le Paraguay est absent de la liste des conventions fiscales de impots.gouv.fr (consultée le 18 octobre 2026). Conséquence : pas de clause de départage si les deux pays vous considèrent comme résident, et pas de crédit d’impôt conventionnel pour éviter la double imposition. Les effets de cette absence sont détaillés dans la page sur la convention France-Paraguay. Le fait que le Paraguay n’impose pas un revenu ne le rend pas non imposable ailleurs, et le débat sur l’étiquette de « paradis fiscal » est traité sur cette page.
Peut-on être résident fiscal dans deux pays ?
Oui : chaque pays applique ses propres critères. Côté paraguayen, les textes lus (loi 6380 art. 49, décret 3184/2019, résolution générale 65/2020) ne fixent aucun nombre de jours de présence pour une personne physique. La preuve passe par le certificat de résidence fiscale de la DNIT. Les seuils de « 90 » ou « 183 jours » cités par certains guides ne sont pas dans les textes consultés. Côté français, le critère de l’article 4 B s’applique sans règle de départage, puisqu’aucune convention n’existe.
Comment est imposé un non-résident en France ?
Si vous n’avez plus de domicile fiscal en France, vous restez imposable sur vos revenus de source française : revenus fonciers, activités exercées en France, plus-values immobilières, pensions françaises. Pour les revenus perçus en 2025, le taux minimum est de 20 % jusqu’à 29 579 € puis 30 % au-delà, avec une option pour le taux moyen si celui-ci est plus bas (impots.gouv.fr, 18 octobre 2026). Les salaires et pensions françaises supportent une retenue à la source des non-résidents, imputable sur l’impôt.
Formulaire 3916 et exit tax
Tant que vous êtes domicilié fiscalement en France, tout compte bancaire détenu à l’étranger se déclare avec le formulaire 3916. L’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € si l’État n’a pas conclu de convention d’assistance administrative avec la France, ce qui ne devrait pas viser le Paraguay, partie à la convention multilatérale d’assistance de l’OCDE (comptes d’actifs numériques : 750 € par compte). L’exit tax (art. 167 bis du CGI) concerne ceux qui ont été résidents fiscaux français six ans au cours des dix dernières années et détiennent des titres d’une valeur d’au moins 800 000 € ou représentant au moins 50 % des bénéfices d’une société.
Déclarer ses revenus au Paraguay : RUC, DNIT et seuil de 80 millions de guaranis
Une personne physique dont les revenus bruts de services de l’année ne dépassent pas 80 millions de guaranis (environ 12 300 €) remplit ses obligations formelles mais ne paie pas l’impôt (art. 69). Au-delà, l’impôt de la première année porte sur le total des revenus bruts perçus moins les dépenses déductibles (art. 62). L’inscription se fait au RUC (Registro Único de Contribuyentes) auprès de la DNIT, sur dnit.gov.py. Pour un étranger résident, le numéro de RUC reprend en principe celui de la cédula. Confirmez la procédure en vigueur sur le site de la DNIT avant de vous inscrire.
Pour obtenir un certificat de résidence fiscale, la résolution générale 65/2020 exige un RUC actif, une cédula en cours de validité, des obligations à jour et, pour une personne physique, la constancia de movimiento migratorio de la période. Le certificat est délivré en principe sous 10 jours ouvrés et vaut un an.
Deux régimes simplifiés existent pour les entreprises unipersonnelles. Le RESIMPLE (revenus bruts jusqu’à 80 millions de guaranis) remplace le calcul par un versement mensuel fixe de 20 000 à 80 000 ₲ et sort du champ de l’IVA. Le SIMPLE s’adresse aux entreprises jusqu’à 2 milliards de guaranis de revenus et taxe à 10 % le plus petit entre le résultat réel et 30 % du chiffre d’affaires brut. Les entreprises tournées vers l’export relèvent d’une autre logique, celle du régime maquila.
Sources et date de vérification
Les taux et articles de la loi 6380/2019 ont été lus sur le texte officiel de bacn.gov.py (Biblioteca y Archivo Central del Congreso) le 18 octobre 2026. Le site dnit.gov.py n’a pas pu être consulté directement lors de cette vérification : les décrets 2787, 3182, 3184 et 3107 de 2019 et la résolution générale 65/2020 ont été lus sur un miroir du Journal officiel, à recouper avec les PDF de la DNIT. Aucune loi modifiant la loi 6380 n’a pu être confirmée à cette date, mais la page de la loi sur bacn.gov.py liste plusieurs décrets ultérieurs : vérifiez les modifications sur la DNIT. Côté français : impots.gouv.fr (résident de France, conventions internationales, formulaire 3916, exit tax, non-résidents). Cours de change : bcp.gov.py, 16 octobre 2026. Ce guide informe, il ne remplace pas l’avis d’un conseil fiscal.
