- indépendance du Paraguay, devenue la fête nationale
- 15 mai 1811
- guerre de la Triple-Alliance contre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay
- 1864-1870
- durée de la dictature d’Alfredo Stroessner, de 1954 au 3 février 1989
- 35 ans
Sommaire
L’histoire du Paraguay tient en quelques ruptures : une colonie métisse née de l’alliance entre Espagnols et Guaraní, une indépendance en 1811, puis deux guerres qui ont fixé ses frontières, celle de la Triple-Alliance (1864-1870) et celle du Chaco (1932-1935). Le XXe siècle s’achève sur 35 ans de dictature Stroessner, et la démocratie ne date que de 1989. La frise ci-dessous résume les dates clés, chaque période est ensuite racontée en quelques paragraphes.
Chronologie de l’histoire du Paraguay : les dates clés
| Date | Événement |
|---|---|
| Avant 1537 | Des peuples de langue guarani cultivent l’est du pays. D’autres peuples vivent de chasse et de pêche dans le Chaco. |
| 15 août 1537 | Fondation du fort de Nuestra Señora de la Asunción, future capitale. |
| 1556 | Domingo Martínez de Irala répartit les Guaraní en encomiendas entre les colons espagnols. |
| 1609-1767 | Les jésuites regroupent les Guaraní dans des réductions. Charles III les expulse en 1767. |
| 1721-1735 | Révolte des Comuneros d’Asunción contre l’autorité coloniale. |
| 1776 | La province est rattachée à la nouvelle vice-royauté du Río de la Plata. |
| 14-15 mai 1811 | Indépendance vis-à-vis de l’Espagne et de Buenos Aires. La République est proclamée en 1813. |
| 1814-1840 | Dictature de José Gaspar Rodríguez de Francia, « dictateur perpétuel » à partir de 1816. |
| 1844-1862 | Présidence de Carlos Antonio López : ouverture, fonderie d’Ybycuí, chemin de fer. |
| 1864-1870 | Guerre de la Triple-Alliance. Francisco Solano López meurt à Cerro Corá le 1er mars 1870. |
| 1887 | Naissance des deux partis historiques : le Parti libéral et le Parti colorado (ANR). |
| 1927 | Arrivée des premiers colons mennonites dans le Chaco. |
| 1932-1935 | Guerre du Chaco contre la Bolivie. Traité de paix signé à Buenos Aires le 21 juillet 1938. |
| 1954-1989 | Dictature du général Alfredo Stroessner, renversé le 3 février 1989. |
| 1973 | Traités d’Itaipú avec le Brésil (avril) et de Yacyretá avec l’Argentine (décembre). |
| 22 décembre 1992 | Découverte des « Archives de la terreur » de la police politique, à Lambaré. |
| 20 juin 1992 | Constitution actuelle : le guarani devient langue officielle avec l’espagnol. |
| 2008 | Victoire de Fernando Lugo, première alternance après plus de soixante ans de pouvoir colorado. |
| 22 juin 2012 | Destitution de Lugo par le Sénat après la tuerie de Curuguaty. |
| 15 août 2023 | Investiture de Santiago Peña (Parti colorado), pour un mandat jusqu’en 2028. |
Si vous ne retenez que trois dates : le 15 mai (fête de l’indépendance), le 1er mars (Día de los Héroes, anniversaire de la mort de Solano López à Cerro Corá) et le 12 juin (paix du Chaco, jour férié). Elles rythment encore le calendrier des Paraguayens.
Visites historiques au Paraguay : missions jésuites et centre d’Asunción
Deux visites guidées couvrent l’essentiel des lieux d’histoire. À Asunción, une visite à pied de 3 heures passe par le centre historique, où se trouvent le Panthéon des Héros, la Casa de la Independencia et le Palacio de López.
Dans le sud, une excursion d’une journée part d’Encarnación vers les ruines jésuites de Trinidad, la mission la mieux conservée du pays, avec prise en charge à l’hôtel.

4,6102 avis
dès25 €/ pers.
Asuncion : visite à pied des temps forts avec un guide
- Durée : 3 h
- Annulation gratuite

5,03 avis
dès65 €/ pers.
Visite touristique de la ville d’Encarnación aux ruines jésuites de Trinidad
- Durée : 6 h
- Prise en charge incluse
- Annulation gratuite
Prix de départ, notes et avis GetYourGuide relevés le 2 novembre 2026.
Sélection GetYourGuide
Toutes les activités à Asunción
- Visite à pied du centre-ville d'Asunción★ 4,7 · 35 avis
- Itinéraire du lac et de la culture paraguayenne : Areguá et SanBer en voiture★ 4,7 · 16 avis
- Promenade des Paredones à Cerro Verá★ 5,0 · 15 avis
Le Paraguay précolombien : les Guaraní avant 1537
Avant l’arrivée des Espagnols, l’est du pays est peuplé de Guaraní, des agriculteurs de langue tupi-guarani qui cultivent le maïs, le manioc et la courge dans des villages semi-sédentaires. Le Chaco, à l’ouest du fleuve Paraguay, abrite d’autres peuples de chasseurs et de pêcheurs, des familles guaicurú ou mataco-mataguayo. Les estimations de la population à l’arrivée des Européens tournent autour de 280 000 personnes, un chiffre très incertain.
Aucun de ces peuples n’a d’État centralisé comparable à celui des Incas : ni capitale, ni or, ni monuments de pierre. C’est ce qui explique en partie que le Paraguay ait peu attiré la Couronne, et que la colonie se soit construite sur des alliances plutôt que sur une conquête. Les peuples indigènes d’aujourd’hui, comme les Aché, les Mbyá ou les Ayoreo, sont présentés dans notre page sur les habitants du Paraguay.
Colonisation espagnole du Paraguay : Asunción et le métissage (1537-1811)
Le 15 août 1537, l’expédition de Juan de Salazar de Espinosa fonde un fort sur le fleuve Paraguay : Nuestra Señora de la Asunción. Les Espagnols cherchent alors une route vers l’argent du Pérou. Faute de la trouver, ils restent, s’allient aux chefs guaraní et prennent leurs filles pour épouses. Les enfants métis de ces unions sont reconnus, ce qui est rare dans l’empire espagnol. Asunción devient pour un temps la base d’où partent d’autres fondations, dont la seconde Buenos Aires en 1580.
L’alliance a son revers. En 1556, le gouverneur Domingo Martínez de Irala répartit les Guaraní entre quelques centaines de colons sous le régime de l’encomienda : travail forcé contre une protection théorique. La province reste pauvre, loin des routes de l’argent. Elle se soulève lors de la révolte des Comuneros (1721-1735), puis passe en 1776 sous la tutelle de la nouvelle vice-royauté du Río de la Plata, gouvernée depuis Buenos Aires. Cette dépendance prépare la rupture de 1811.
Les réductions jésuites du Paraguay (1609-1767)
À partir de 1609, les jésuites regroupent les Guaraní dans des villages missionnaires, les réductions. Chacune s’organise autour d’une grande place, d’une église et d’ateliers. Les familles cultivent un lot et travaillent des terres communes, où l’on produit notamment la yerba maté. On y prêche et on y imprime en guarani. Face aux raids des chasseurs d’esclaves portugais, les bandeirantes, les jésuites obtiennent en 1639 le droit d’armer les Guaraní.

L’ensemble compte une trentaine de missions, réparties entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil actuels. En 1750, un traité cède sept d’entre elles au Portugal, ce qui déclenche la guerre guaranitique. En 1767, Charles III expulse les jésuites de tout l’empire espagnol et les réductions déclinent. Deux d’entre elles, Trinidad et Jesús de Tavarangue, sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1993. Elles se visitent depuis Encarnación, avec un billet unique pour trois missions.
Indépendance du Paraguay (1811) et dictature de Francia (1814-1840)
En 1810, Buenos Aires rompt avec l’Espagne et veut entraîner le Paraguay. La province repousse son armée en 1811, puis, dans la nuit du 14 au 15 mai 1811, un groupe d’officiers réunis dans une maison d’Asunción, l’actuelle Casa de la Independencia, renverse le gouverneur espagnol. Le Paraguay refuse aussi la tutelle de Buenos Aires. Un congrès proclame la République en octobre 1813 et confie le pouvoir à deux consuls, dont un docteur en théologie, José Gaspar Rodríguez de Francia.

Francia devient dictateur en 1814, puis « dictateur perpétuel » en 1816, et gouverne seul jusqu’à sa mort en 1840. Surnommé « El Supremo », il ferme le pays au commerce et aux étrangers, confisque les biens de l’Église et de l’élite espagnole, emprisonne ses opposants. Un décret de 1814 interdit même aux Espagnols d’épouser des femmes blanches, ce qui a renforcé le métissage. Cet isolement a protégé l’indépendance, au prix de libertés quasi nulles. Le tricolore né de ces premières années est raconté dans notre page sur le drapeau du Paraguay.
Carlos Antonio López et Francisco Solano López (1841-1870)
Carlos Antonio López : l’ouverture du Paraguay (1844-1862)
Après un intermède, Carlos Antonio López prend la tête du pays et le rouvre au monde. Il fait venir des ingénieurs européens, lance une fonderie de fer à Ybycuí, un arsenal, un chantier naval et l’une des premières voies ferrées d’Amérique du Sud, inaugurée en 1861 au départ d’Asunción. Une loi de 1842 déclare libres les enfants d’esclaves à naître. L’État possède l’essentiel des terres et du commerce de la yerba maté.
Francisco Solano López, le maréchal de la guerre
À sa mort en 1862, son fils Francisco Solano López lui succède. Formé en Europe, il renforce l’armée, la plus nombreuse de la région à l’époque. Sa figure divise encore : pour les uns, c’est un héros national, et il repose au Panthéon des Héros d’Asunción. Pour les autres, c’est le tyran qui a mené son peuple à la ruine. Le régime de Stroessner a beaucoup entretenu son culte.
Guerre de la Triple-Alliance (1864-1870) : causes, bilan et chiffres débattus
La guerre part de l’Uruguay. Fin 1864, le Brésil y intervient pour soutenir le parti colorado uruguayen. Solano López, qui y voit une menace, saisit un navire brésilien puis envahit le Mato Grosso. En 1865, il fait traverser la province argentine de Corrientes à ses troupes. Le 1er mai 1865, l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay signent le traité de la Triple-Alliance.
Le Paraguay tient cinq ans. La forteresse de Humaitá verrouille le fleuve jusqu’en 1868, les alliés subissent à Curupayty (1866) leur plus lourde défaite. Mais Asunción tombe le 1er janvier 1869, et López, traqué jusqu’au nord-est du pays, est tué à Cerro Corá le 1er mars 1870. Des troupes brésiliennes occupent le pays jusqu’en 1876.

Combien de morts pendant la guerre de la Triple-Alliance ?
Aucun chiffre ne fait consensus, parce que la population d’avant-guerre est elle-même inconnue : de 300 000 à plus de 450 000 habitants selon les auteurs. Vera Blinn Reber (1988) estime les pertes à 7 à 18,5 % de la population. Thomas Whigham et Barbara Potthast (1999), à partir d’un recensement de 1870, arrivent à 60 à 69 %. Jan Kleinpenning propose 43 à 51 %. Les épidémies et la faim ont tué plus que les combats. Un rapport du Parlement du Mercosur de 2023 avance un bilan beaucoup plus élevé, contesté par le Brésil.
Les pertes territoriales sont mieux connues. Par le traité de 1872, le Brésil obtient les terres au nord du río Apa (62 325 km² selon les sources brésiliennes). Par celui de 1876, l’Argentine reçoit Misiones et le Chaco au sud du Pilcomayo. Le Paraguay garde le reste du Chaco grâce à l’arbitrage du président américain Rutherford Hayes en 1878. La ville de Villa Hayes porte encore son nom.
Le Paraguay après 1870 : occupation, reconstruction et partis politiques
Le pays sort de la guerre ruiné, endetté et sous influence brésilienne puis argentine. Pour rembourser, l’État vend dans les années 1880 de très grandes surfaces de terres publiques, souvent à des sociétés étrangères : l’Argentin Carlos Casado acquiert ainsi d’immenses forêts de quebracho dans le Chaco. Ce partage inégal de la terre pèse encore sur les conflits fonciers actuels.
En 1887 naissent les deux partis qui dominent toujours la politique : le Parti libéral et l’Association nationale républicaine, dite Parti colorado. Les colorados gouvernent jusqu’en 1904, les libéraux jusqu’aux années 1930, dans une succession de coups d’État. Le pays fait aussi venir des immigrants : Italiens, Allemands, puis les mennonites qui s’installent dans le Chaco à partir de 1927, à la frontière disputée avec la Bolivie.
Guerre du Chaco contre la Bolivie (1932-1935)
La Bolivie, privée d’accès à la mer depuis sa défaite contre le Chili dans la guerre du Pacifique, revendique le Chaco boréal pour atteindre le fleuve Paraguay. Les deux pays y avancent des fortins pendant des années. La guerre éclate en 1932. On a longtemps dit qu’elle avait été poussée par des compagnies pétrolières rivales. Cette thèse est aujourd’hui contestée par une partie des historiens.

Plus nombreuse et mieux équipée sur le papier, l’armée bolivienne souffre de la chaleur et de la soif dans une région que les Paraguayens connaissent mieux. Sous le commandement de José Félix Estigarribia, le Paraguay remporte Boquerón (1932) et repousse les Boliviens jusqu’aux contreforts andins. L’armistice est signé le 12 juin 1935. Le bilan dépasse 100 000 morts pour les deux pays, maladies et soif comprises. Le traité de paix de Buenos Aires, le 21 juillet 1938, attribue au Paraguay la majeure partie du territoire disputé. On le parcourt aujourd’hui par la Transchaco : voyez notre guide du Chaco paraguayen.
Les vétérans entrent ensuite en politique. Le colonel Rafael Franco prend le pouvoir en 1936, Estigarribia devient président en 1939 et meurt dans un accident d’avion en 1940. Suivent le régime autoritaire d’Higinio Morínigo et une guerre civile en 1947, dont les colorados sortent vainqueurs. Ils ne quittent plus le pouvoir pendant soixante ans.
Dictature d’Alfredo Stroessner (1954-1989)
En mai 1954, le général Alfredo Stroessner, fils d’un immigré allemand et commandant en chef de l’armée, renverse le président Federico Chaves. Il gouverne 35 ans, réélu sept fois lors de scrutins sans vraie concurrence, sous un état de siège presque permanent. Son pouvoir repose sur l’armée, le Parti colorado et le soutien des États-Unis pendant la guerre froide. Il accueille aussi des fugitifs, dont le dictateur nicaraguayen Somoza, assassiné à Asunción en 1980.
La répression est massive. Selon le rapport final de la Commission Vérité et Justice (2008), la dictature a fait environ 20 000 victimes directes : près de 19 000 personnes torturées et un peu plus de 400 exécutées ou disparues, auxquelles s’ajoutent plusieurs milliers d’exilés. Les relais du rapport ne donnent pas tous exactement les mêmes chiffres. La même commission a dénoncé l’attribution de millions d’hectares de terres publiques à des proches du régime, les « tierras malhabidas ».

Le 22 décembre 1992, l’ancien prisonnier Martín Almada et un juge découvrent dans un commissariat de Lambaré les « Archives de la terreur » : des tonnes de fiches et de procès-verbaux de la police politique, dont des traces de l’opération Condor, la coopération des dictatures du Cône Sud contre leurs opposants. L’Unesco les a inscrites au registre Mémoire du monde en 2009.
La dictature a aussi façonné l’économie : en 1973, Stroessner signe avec le Brésil le traité du barrage d’Itaipú, puis avec l’Argentine celui de Yacyretá. Il est renversé dans la nuit du 2 au 3 février 1989 par le général Andrés Rodríguez, son consuegro, et meurt en exil à Brasília en 2006 sans avoir été jugé.
Retour à la démocratie au Paraguay depuis 1989
Andrés Rodríguez est élu président en mai 1989 et ouvre le jeu politique. La Constitution du 20 juin 1992, toujours en vigueur, interdit la réélection présidentielle et fait du guarani une langue officielle. En 1991, le traité d’Asunción fonde le Mercosur avec l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay. La transition reste agitée : tentative de coup d’État du général Oviedo en 1996, assassinat du vice-président Luis María Argaña en mars 1999, qui déclenche le « Marzo paraguayo » et la démission du président Cubas.

En 2008, l’ancien évêque Fernando Lugo bat la candidate colorado : c’est la première alternance depuis la guerre civile de 1947. Elle tourne court. Après la tuerie de Curuguaty (17 morts, juin 2012) lors d’une expulsion de paysans, le Sénat le destitue le 22 juin 2012 en procès éclair, une procédure que plusieurs voisins qualifient de « coup d’État parlementaire ». Les colorados reviennent avec Horacio Cartes (2013), Mario Abdo Benítez (2018), fils du secrétaire privé de Stroessner, puis Santiago Peña, investi le 15 août 2023 pour cinq ans. Sur l’état actuel du pays, voyez notre page sur l’économie du Paraguay.
Ce que l’histoire explique du Paraguay d’aujourd’hui
Une population métisse, jeune et concentrée à l’est
Le métissage colonial a produit une population en grande majorité mestiza, avec de petites minorités indigènes (140 206 personnes au recensement de 2022) et des communautés venues d’Europe, du Japon ou du Brésil. Les saignées de 1864-1870 et de 1932-1935 ont longtemps freiné la croissance : le pays ne compte que 6 109 903 habitants en 2022, sur 406 752 km². Le Chaco, colonisé tardivement, reste presque vide, alors que la majorité vit autour d’Asunción et dans l’est. Origines et mentalité sont détaillées dans notre page sur les Paraguayens.
Le bilinguisme guarani-espagnol, hérité de la colonie
Le Paraguay est le seul pays d’Amérique où une langue indigène est parlée par la majorité de la population non indigène. Les mères guaraní, puis les jésuites, ont transmis la langue, et l’isolement de l’époque Francia l’a protégée. 38,7 % des habitants parlent les deux langues à la maison (enquête INE 2024), et le guarani a servi de langue de communication sur le front du Chaco, difficile à comprendre pour l’ennemi. Tout est expliqué dans notre page sur la langue guarani.
Le rapport aux voisins : méfiance et dépendance
La mémoire de la Triple-Alliance nourrit une méfiance ancienne envers le Brésil et l’Argentine, encore visible dans les manuels et les débats sur les barrages. Le pays, sans accès à la mer, dépend pourtant d’eux : il exporte par les fleuves Paraguay et Paraná et vend son électricité d’Itaipú au Brésil. Le tarif est fixé à 19,28 dollars par kW et par mois pour 2024 à 2026, et la révision de l’annexe C du traité de 1973 restait en négociation en 2026. Plusieurs centaines de milliers de « brasiguayos », agriculteurs d’origine brésilienne, cultivent l’est du pays. Avec la Bolivie, l’ennemi du Chaco, les relations sont apaisées : les deux pays ont signé un accord définitif de frontières en 2009.
Un calendrier et une politique marqués par le passé
Les jours fériés reprennent les dates de l’histoire : héros le 1er mars, indépendance les 14 et 15 mai, paix du Chaco le 12 juin, victoire de Boquerón le 29 septembre. Le Parti colorado, né en 1887 et pilier de la dictature, reste le premier parti du pays. Et la question de la terre, issue des ventes de 1880 et des attributions de l’époque Stroessner, reste l’une des plus conflictuelles.
Lieux d’histoire à visiter au Paraguay
- Panthéon national des Héros, Asunción. Les restes des deux López, d’Estigarribia et de soldats inconnus des deux guerres. Entrée libre.
- Casa de la Independencia, Asunción. La maison des conjurés de 1811, devenue musée.
- Museo de las Memorias, Asunción. La répression sous Stroessner, dans un ancien centre de détention.
- Missions de Trinidad et Jesús. Des ruines jésuites classées par l’Unesco, près d’Encarnación.
- Humaitá. Les ruines de l’église San Carlos Borromeo, symbole de la forteresse de la Triple-Alliance, au bord du fleuve Paraguay.
- Fortin Boquerón. Des tranchées et un petit musée de la guerre du Chaco, près de Filadelfia, à combiner avec les colonies mennonites.
Pour situer ces lieux et les frontières issues des deux guerres, ouvrez la carte du Paraguay. Le centre d’Asunción et son patrimoine sont décrits dans notre guide d’Asunción.
Sources et date de vérification
Faits vérifiés le 2 novembre 2026. Récit général : Larousse (encyclopédie, article Paraguay) et Wikipédia (Histoire du Paraguay), en sources secondaires. Pertes de la Triple-Alliance : Reber (Hispanic American Historical Review, 1988), Whigham et Potthast (Latin American Research Review, 1999), Kleinpenning (2002), rapport du Parlasur de 2023. Traités de 1872, 1876 et arbitrage Hayes de 1878 : textes résumés par La Nación (16 novembre 2025). Guerre du Chaco : Britannica pour l’ordre de grandeur des pertes. Dictature : rapport final de la Comisión de Verdad y Justicia (2008), chiffres repris par Última Hora et La Voz de San Justo. Archives de la terreur : La Nación (22 décembre 2024) et registre Mémoire du monde de l’Unesco. Itaipú : ABC Color (9 mai 2024) et MercoPress (23 mars 2026). Population et langues : INE, recensement 2022 et EPHC 2024. Les chiffres de pertes des deux guerres restent débattus par les historiens.



