Gaucho à cheval devant un troupeau de bovins dans les pâturages du département de San Pedro, Paraguay

Acheter une estancia ou une ferme au Paraguay : prix à l’hectare, titre, forêt et impôts

Prix à l’hectare par région en 2026, titre, mensura, INDERT, loi forestière et impôt rural : acheter une estancia ou une ferme au Paraguay sans piège.

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Photo Paraguayoindependiente, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

prix demandés pour dix estancias du Chaco en annonce, octobre 2026
600 à 2 100 USD/ha
de forêt naturelle à conserver sur une propriété de plus de 20 ha en zone forestière (loi 422/73, art. 42)
25 %
taux de l’IRE sur la rente nette d’une exploitation agricole (loi 6380/2019, art. 21)
10 %
Sommaire

Une ferme à vendre au Paraguay se négocie au prix de l’hectare : en annonce, de 600 à 2 100 USD dans le Chaco occidental et de 4 500 à 9 500 USD pour les champs agricoles d’Itapúa, d’Alto Paraná ou de Caazapá. Le prix ne dit pas tout : le titre, la forêt à conserver, les terres de communautés indigènes et l’impôt rural pèsent autant sur la valeur d’une estancia. Voici les prix de 2026 avec leurs sources, puis les vérifications dans l’ordre. Un spécialiste peut vous rappeler : le formulaire est en bas de page.

Prix à l’hectare d’une estancia ou d’une ferme au Paraguay en 2026

Il n’existe pas de cote officielle du prix des terres rurales : l’État publie une valeur fiscale par hectare, qui sert à l’impôt et reste sans rapport avec le marché. Les chiffres ci-dessous viennent d’annonces du portail InfoCasas Paraguay (catégorie « Chacras o Campos »), lues le 18 octobre 2026. La date indiquée est celle de la dernière mise à jour de l’annonce, relevée dans les données de la page, car le portail ne l’affiche pas. Les prix sont ceux des vendeurs, en dollars. Les euros sont une conversion approximative au cours de la Banque centrale du Paraguay du 16 octobre 2026 (1 USD = 5 770,91 ₲ et 1 EUR = 6 496,31 ₲, soit environ 0,89 EUR pour 1 USD).

Estancias du Chaco occidental : Alto Paraguay, Presidente Hayes et Boquerón

Le Chaco occidental offre les plus grandes surfaces et les prix les plus bas du pays. Sur ces dix annonces, le prix demandé va de 600 USD l’hectare à Fuerte Olimpo à 2 100 USD à Neuland, avec une médiane voisine de 950 USD l’hectare. Les écarts tiennent à la part de pâturage déjà aménagé, aux clôtures, à l’eau et à l’accès. Pour juger l’accès et les distances sur place, lisez d’abord le guide pour voyager dans le Chaco.

Lieu (annonce InfoCasas)SurfacePrix demandéUSD/haEUR/ha (≈)Mise à jour
Fuerte Olimpo, Alto Paraguay (n° 194125393)3 098 ha1 860 000 USD60053317/08/2026
Agua Dulce, Alto Paraguay (n° 194392503)7 103 ha4 617 034 USD65057712/10/2026
Bahía Negra, Alto Paraguay (n° 194294074)20 057 ha26 500 000 USD1 3211 17422/09/2026
Chaco, zone non précisée (n° 194289880)2 550 ha2 550 000 USD1 00088821/09/2026
Presidente Hayes (n° 193972621)6 709 ha5 367 200 USD80071109/07/2026
Presidente Hayes (n° 193852752)8 403 ha9 500 000 USD1 1311 00405/10/2026
Teniente Esteban Martínez (n° 193205833)2 493 ha2 250 000 USD90380217/09/2026
Neuland, Boquerón (n° 194338953)1 600 ha3 360 000 USD2 1001 86630/09/2026
Mariscal Estigarribia, Boquerón (n° 194008238)1 918 ha2 877 000 USD1 5001 33303/08/2026
General Eugenio A. Garay, Boquerón (n° 194088842)11 236 ha8 988 800 USD80071106/10/2026
Pâturage et monte (végétation buissonnante) du Chaco paraguayen sous un ciel de cumulus
Pâturage et monte dans le Chaco paraguayen, la région des grandes estancias d’élevage. Photo gomezminck, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Fermes et estancias de San Pedro et de Concepción

Dans le nord de la Région orientale, les annonces vont de 1 600 USD l’hectare pour 4 091 ha à San Pedro à 7 000 USD pour mille hectares près de General Resquín. Les propriétés de Concepción se situent autour de 2 700 à 3 400 USD. Ici, la fourchette dépend surtout de la part déjà cultivée ou boisée.

Lieu (annonce InfoCasas)SurfacePrix demandéUSD/haEUR/ha (≈)Mise à jour
San Pedro, agricole, élevage et forêt (n° 194418620)4 091 ha6 545 600 USD1 6001 42117/10/2026
San Pedro del Ycuamandyyú (n° 192509191)399 ha759 000 USD1 9021 69027/04/2026
San Pedro (n° 193337582)2 045 ha12 275 634 USD6 0035 33203/09/2026
San Pedro, zone Lima et General Resquín (n° 193809840)1 000 ha7 000 000 USD7 0006 21817/09/2026
Loreto, Concepción (n° 194341678)319 ha1 085 000 USD3 4013 02101/10/2026
Horqueta, Concepción (n° 193329038)900 ha2 450 000 USD2 7222 41806/08/2026

Terres agricoles d’Itapúa, d’Alto Paraná et de Caazapá

Les terres à cultures mécanisées du sud et de l’est sont les plus chères : 4 500 à 9 500 USD l’hectare pour des champs de plusieurs centaines d’hectares, et jusqu’à 18 333 USD pour 90 hectares de sol fertile en Alto Paraná. Plus la surface est petite, plus l’hectare coûte cher.

Lieu (annonce InfoCasas)SurfacePrix demandéUSD/haEUR/ha (≈)Mise à jour
San Pedro del Paraná, Itapúa (n° 193441335)600 ha3 000 000 USD5 0004 44203/07/2026
Santa Helena, Itapúa (n° 193973412)4 607 ha36 856 000 USD8 0007 10703/09/2026
Trinidad, Itapúa (n° 193652420)88 ha836 000 USD9 5008 43903/08/2026
Itakyry, Alto Paraná (n° 192683923)1 570 ha11 775 000 USD7 5006 66317/09/2026
Alto Paraná, sol fertile (n° 193714555)90 ha1 650 000 USD18 33316 28606/05/2026
Caazapá, propriété agricole (n° 194288937)642 ha4 173 000 USD6 5005 77421/09/2026
Dolores, Caazapá (n° 193808928)2 233 ha10 000 000 USD4 4783 97816/09/2026

Pourquoi le prix d’une annonce n’est pas le prix d’une estancia

Un prix d’annonce se lit avec trois réserves. D’abord, un même bien circule à plusieurs prix : l’estancia de 20 057 ha de Bahía Negra est à 26,5 millions de dollars dans une annonce de septembre 2026 et à 32 millions dans des annonces de juillet, et les 4 091 ha de San Pedro sont passés de 1 400 à 1 600 USD l’hectare entre juillet et octobre selon le courtier. Ensuite, la surface annoncée n’est pas la surface exploitable : dans l’une des annonces de ce même domaine de 20 057 ha, 10 500 ha sont de la réserve forestière, 8 900 ha des pâturages et 2 100 ha de l’agricole. Enfin, la surface vient du titre de l’annonce et n’a pas été vérifiée par une mensura.

Une transaction publique donne un repère : l’estancia San Nicanor, en Alto Paraguay, 24 338 ha dont environ 3 750 ha en production, a été adjugée aux enchères le 31 mai 2023 pour environ 10,4 millions de dollars, soit 430 USD l’hectare pour une mise à prix de 300 USD, d’après le quotidien ABC Color. Les sites de prestataires donnent parfois des fourchettes très inférieures (200 à 800 USD l’hectare dans le Chaco), que les annonces de 2026 ne confirment pas.

Un étranger peut-il acheter une ferme ou une estancia au Paraguay ?

Oui, avec une seule restriction pour les immeubles ruraux : la zone de sécurité frontalière de 50 km. La loi 2532/2005 (art. 2) interdit d’y être propriétaire, copropriétaire ou usufruitier d’un immeuble rural aux étrangers originaires des pays limitrophes (Argentine, Bolivie, Brésil) et aux sociétés qu’ils détiennent en majorité, sauf décret fondé sur l’intérêt public. Elle ne vise ni un Français ni les immeubles urbains. Les sociétés par actions qui veulent un immeuble rural dans cette bande doivent avoir des actions nominatives et non endossables (art. 4). Le détail, avec les départements concernés, est sur la page acheter un terrain au Paraguay.

Hors de cette bande, les textes que nous avons lus n’imposent ni nationalité ni résidence pour acheter : la résidence permanente n’est pas un préalable. Une limite sur le sous-sol : les hydrocarbures et les minerais appartiennent à l’État (Constitution, art. 112), et le propriétaire du sol n’en a pas les droits. Un blog français affirme qu’un achat de plus de 10 000 ha demande l’accord du Congrès : aucun des textes lus (lois 1863 et 2532, Constitution) ne le prévoit, et nous ne le reprenons pas. Pour une grande surface, faites confirmer ce point par un avocat paraguayen.

Estancia d’élevage, ferme de soja ou forêt : quelle terre agricole acheter ?

Le mot estancia désigne, dans les annonces, une grande exploitation d’élevage de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’hectares. Une « ferme » ou une terre agricole désigne plutôt un champ de cultures, plus petit et plus cher à l’hectare. Les annonces se rangent en trois familles.

Estancia d’élevage : Chaco, San Pedro et Concepción

C’est le profil des tableaux ci-dessus pour le Chaco occidental, San Pedro et Concepción. Le prix dépend de la part de pâturage aménagé, des clôtures, de l’eau et de la route d’accès. Un éleveur cité par la presse argentine (Forbes Argentina, date non précisée) distingue le campo vierge à 450-500 USD l’hectare, le campo prêt à produire à 900-1 000 USD, et un coût effectif après défrichage de 1 800 à 2 100 USD. C’est un témoignage, pas une statistique. Il montre que le prix d’achat n’est pas toute la dépense.

Terre agricole pour le soja : Itapúa, Alto Paraná, Caazapá

Les champs mécanisés du sud-est se vendent au-dessus de 4 500 USD l’hectare. L’acheteur paie pour un sol déjà ouvert, drainé et en culture. Un acheteur qui ne cultive pas peut louer le champ à un exploitant local. La rentabilité de ce montage relève de investir au Paraguay, pas de cette page.

Champ de soja à perte de vue bordé d’un massif forestier et de palmiers, au Paraguay
Un champ de soja bordé d’un massif forestier : les terres agricoles les plus chères sont celles qui sont déjà ouvertes à la culture. Photo Patty P, domaine public, Wikimedia Commons

Terre boisée et bois d’œuvre

Une propriété boisée se paie à l’hectare comme les autres, mais une part de la forêt ne peut ni être défrichée ni être exploitée librement (voir la section sur la loi forestière). Quand une annonce vante des « hectares de réserve », comptez-les comme un terrain à conserver, pas comme une surface productive.

Eau et accès d’une estancia : ce qu’il faut vérifier sur place

Une estancia sans eau ni chemin praticable vaut moins que son prix. Trois points se vérifient avant de signer :

  • Les cours d’eau : la loi 4241/2010 et son décret 9824/2012 imposent une forêt protectrice de part et d’autre d’un cours d’eau, dont la largeur minimale dépend de celle du cours d’eau. Cette bande ne se défriche pas et compte dans la réserve légale lorsqu’elle dépasse le minimum.
  • Le climat du Chaco : le décret 5181/2025 classe les sols plats de la région occidentale parmi les terres semi-arides à environ 800 mm de pluie. L’eau du bétail, forage, aguada ou rivière, doit figurer dans le dossier et se contrôler à la saison sèche.
  • L’accès : demandez comment on arrive à la propriété (route asphaltée, chemin de terre, passage sur le terrain d’un voisin) et ce qu’il en reste après de fortes pluies. Un droit de passage doit être écrit, pas toléré.

Titre d’une estancia : finca, padrón, mensura et lots INDERT

Le titre est la première vérification. Faites-la faire par un escribano indépendant du vendeur, avant tout versement.

Lots de l’INDERT et droits de colon : l’achat qui peut être annulé

L’INDERT (Instituto Nacional de Desarrollo Rural y de la Tierra) attribue des lots de colonies à des familles. La loi 1863/2002, art. 90 (modifiée par la loi 2531/2004), rend ces lots et les « derechos y acciones » inaliénables, jusqu’à 10 ans après l’adjudication et le paiement intégral. L’acquisition en violation est nulle de plein droit, le lot retourne à l’INDERT et la loi 4682/2012 punit l’acheteur de 2 à 5 ans de prison. Acheter le « droit » d’un colon n’est donc pas acheter un titre. Exigez le certificat de l’INDERT sur la situation du lot.

Mensura, padrón et registre unifié RUN

Une terre rurale s’identifie par sa finca au registre de la propriété et par son padrón au cadastre : pour un bien rural, c’est le padrón, et non la « cuenta corriente » qui vaut pour l’urbain (décret 5181/2025). Depuis janvier 2026, la loi 7424/2025 a réuni le registre et le cadastre dans le Registro Unificado Nacional (RUN), qui reprend le Servicio Nacional de Catastro. Vérifiez que la finca, le padrón et la surface concordent, que le vendeur est bien le titulaire inscrit, et qu’aucune hypothèque ni saisie ne grève le bien. Constatez aussi sur place que personne n’occupe la terre : l’annonce n’en dit rien. La surface annoncée se confirme par une mensura : la loi 7424 en fixe le contenu, dont l’historique géométrique de la parcelle sur au moins vingt ans.

Latifundio improductif : le risque d’expropriation

La loi 1863/2002 (art. 4) juge efficacement exploitée une propriété dont au moins 30 % de la surface agrologiquement utile est utilisée de façon productive et durable. En dessous, c’est un latifundio improductif, sujet à expropriation (art. 9), même réparti en plusieurs fincas du même propriétaire. La surface utile exclut les sols marginaux et les réserves forestières obligatoires (art. 5). Exemple : sur 1 000 ha dont 250 ha de réserve forestière et 100 ha de sols marginaux, la surface utile est de 650 ha et il faut en exploiter au moins 195 ha. Le texte lu est la loi d’origine : faites confirmer la version en vigueur par votre avocat.

Loi forestière et « Deforestación cero » : peut-on défricher une estancia ?

En Région orientale, non. La loi 2524/2004, dite « Deforestación cero », a été prorogée à plusieurs reprises (lois 3139/2006, 3663/2008 et 5045/2013) puis remplacée par la loi 6676/2020. Son art. 4 interdit, pendant 10 ans à compter de la promulgation, la conversion de surfaces couvertes de forêt en surfaces agricoles, d’élevage ou d’habitat, ainsi que la délivrance de permis qui la couvriraient. La peine est de 3 à 8 ans de prison, plus la remise en état et l’indemnisation du dommage environnemental. Nous n’avons pas trouvé de loi successeur en 2026. Une « forêt » au sens de la loi est un écosystème natif d’au moins 2 ha, couvert à plus de 50 % par des arbres matures, avec plus de 60 arbres de 15 cm de diamètre par hectare. Les propriétaires de forêt native non exploitée peuvent être exonérés de l’impôt immobilier sur ces surfaces (art. 6), sous conditions de certification par l’INFONA.

Forêt atlantique du Paraguay se reflétant dans l’eau calme d’un lac ou d’une rivière
La forêt atlantique de la Région orientale, soumise à l’interdiction de conversion de la loi 6676/2020. Photo Ilosuna, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Réserve légale de 25 % et reboisement de 5 %

Dans tout le pays, l’art. 42 de la loi forestière 422/73 impose à toute propriété rurale de plus de 20 hectares en zone forestière de garder 25 % de sa surface en forêt naturelle, faute de quoi le propriétaire doit reboiser 5 % de la surface du bien. Sur une estancia de 2 550 ha, cela fait 637,5 ha à conserver, ou 127,5 ha à reboiser à défaut.

Licence environnementale du MADES et plan d’usage du sol

La loi 294/93 rend obligatoire l’évaluation d’impact environnemental pour l’exploitation agricole, d’élevage et forestière (art. 7), pour l’exploitation de forêts natives et pour les défrichements. L’autorité est le ministère de l’Environnement et du Développement durable (MADES, ex-SEAM). Pour les activités non listées par le décret 453/2013, un plan de gestion environnementale générique est présenté chaque année. La licence d’un plan d’usage des terres n’autorise pas le défrichement, qui relève de l’INFONA. Demandez au vendeur la licence en cours, le dernier rapport et la preuve de conformité. Sans ces pièces, impossible de savoir si la propriété est en règle.

Chaco et terres des communautés indigènes : ce qu’il faut vérifier avant d’acheter

Le Chaco paraguayen accueille des estancias d’élevage, des colonies mennonites (voir les mennonites du Paraguay) et des communautés indigènes. Pour un acheteur, le sujet est juridique et factuel : la Constitution (art. 64) reconnaît aux peuples indigènes la propriété communautaire de la terre. Ces terres sont inaliénables, indivisibles, insaisissables, non louables, exonérées d’impôt, et nul ne peut les déplacer sans leur consentement. La loi 904/1981 organise leur titre via l’Instituto Paraguayo del Indígena (INDI) et prévoit qu’une communauté puisse demander l’acquisition de terres du domaine privé.

Les revendications de terres ancestrales existent : la Cour interaméricaine des droits de l’homme supervise l’exécution des arrêts Yakye Axa, Sawhoyamaxa et Xákmok Kásek, rendus au sujet de communautés du Chaco. La communauté Sawhoyamaxa est retournée sur son territoire, et des mesures restent à exécuter. Le Paraguay a ratifié la convention 169 de l’OIT (loi 234) et un protocole de consultation et de consentement libre, préalable et informé existe (décret 10396/2018). Avant d’acheter une estancia, demandez par écrit à l’INDI et à l’INDERT s’il existe une demande, une revendication ou une communauté sur le bien ou à sa limite.

Impôt immobilier rural et IRE agricole d’une exploitation au Paraguay

Le propriétaire d’une estancia paie trois prélèvements, et des frais à l’achat. Les règles de société s’appliquent si vous achetez par une société.

  • Impuesto inmobiliario : 1 % par an (loi 125/1991, art. 61) sur la valeur fiscale, fixée en guaraníes par hectare et par district dans le décret 5181/2025, ajustée de 4,1 % pour 2026. Depuis la loi 7424/2025, la DNIT établit la valeur et liquide l’impôt au nom de la municipalité, qui le perçoit. Aucune autre taxe municipale ne peut frapper un immeuble rural. Les zones boisées ou protégées peuvent réduire la base sur demande justifiée.
  • IRE agricole : l’impôt sur le revenu des entreprises, à 10 % de la rente nette (loi 6380/2019, art. 21), couvre les activités agropécuaires et forestières. L’ancien IRAGRO a disparu, remplacé par l’IRE. Les frais agricoles, d’élevage et forestiers se déduisent à leur échéance, et la perte de bovins achetés par mortalité est déductible si elle est déclarée au service sanitaire. Le régime SIMPLE, jusqu’à 2 milliards de guaraníes de chiffre d’affaires, retient la plus faible des deux bases : le réel ou 30 % du brut.
  • Dividendes : l’IDU est de 8 % pour un bénéficiaire résident et 15 % pour un non-résident (loi 6380, art. 43).

À l’achat, comptez l’honoraire de l’escribano (de 2 % à 0,75 % selon le montant, loi 1307/1987) et la taxe d’inscription au registre de 0,85 % sur le plus élevé du prix et de la valeur fiscale. Sur 2 550 ha à 1 000 USD l’hectare, soit 2,55 millions de dollars (environ 2,26 millions d’euros), la seule taxe d’inscription atteint environ 21 700 USD. Une exploitation au Paraguay produit un revenu de source paraguayenne, imposé sur place (loi 6380, art. 6). À la revente, le non-résident paie l’INR à 15 %. Notre comparatif des frais aboutit à 4,5 % du prix de vente, un chiffre à faire confirmer par un comptable. Pour l’effet sur votre situation en France, lisez résidence fiscale au Paraguay.

Erreurs fréquentes quand on achète une estancia ou une ferme au Paraguay

  • Acheter à distance sans visiter : la surface, les limites, l’eau et l’état des pistes ne se jugent ni sur photo ni sur plan.
  • Se fier à un seul courtier : comme le montrent les annonces de Bahía Negra et de San Pedro, le même bien circule à des prix différents. Demandez qui détient le mandat de vente. Ne versez aucun acompte sans compromis signé, et faites vérifier le titre par un escribano que le vendeur ne vous a pas recommandé.
  • Payer un « droit de colon » pour un lot de l’INDERT encore inaliénable, avec la nullité et la prison que prévoit la loi 4682/2012.
  • Compter les hectares bruts : réserve forestière, sols marginaux et bandes de cours d’eau ne produisent rien et ne se défrichent pas.
  • Négliger les frais récurrents : l’impôt immobilier, la gestion du bétail ou des cultures, l’entretien des clôtures et des pistes continuent après l’achat.

Les étapes pour acheter une ferme ou une estancia au Paraguay

  1. Définir le projet : élevage, culture ou forêt, région et budget par hectare, en comparant plusieurs annonces du même département.
  2. Vérifier la zone : un bien à moins de 50 km d’une frontière appelle la vérification de la loi 2532/2005.
  3. Visiter avec un géomètre : l’état des limites, l’eau, l’accès et les surfaces boisées.
  4. Faire examiner le titre par un escribano : finca, padrón, hypothèques, certificat INDERT si lot de colonie.
  5. Contrôler l’environnement : licence MADES, forêt, réserve légale, cours d’eau, certificats INDI.
  6. Signer l’acte devant l’escribano et verser le prix par virement bancaire plutôt qu’en espèces.
  7. Inscrire l’acte au registre (RUN) et régler la taxe de 0,85 %.
  8. Mettre le bien à votre nom au cadastre, puis déclarer l’impôt immobilier et, si vous exploitez, vous inscrire à l’IRE.

Questions fréquentes sur les fermes et estancias au Paraguay

Quel est le prix d’un hectare de terre agricole au Paraguay ?
Un étranger peut-il acheter une ferme ou une estancia au Paraguay ?
Peut-on acheter des terres agricoles sans être agriculteur ?
Comment trouver une ferme à vendre au Paraguay ?
Que veut dire estancia au Paraguay ?
Peut-on défricher une forêt achetée au Paraguay ?
Quel impôt paie le propriétaire d’une estancia ?

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