- inscription du tereré au patrimoine culturel immatériel de l’humanité (UNESCO)
- Décembre 2020
- Día Nacional del Tereré, soit le samedi 27 février 2027 (loi n° 4261 de 2011)
- Dernier samedi de février
- transmission familiale de la pratique, selon la fiche UNESCO
- Depuis le XVIe siècle
Sommaire
Le tereré est une infusion de yerba mate à l’eau glacée, bue à la bombilla dans une guampa. C’est la boisson nationale du Paraguay : on la prépare dans un termo, on la fait circuler en ronde et on la boit toute la journée. Plus bas : la recette pas à pas, les règles du partage, la différence avec le maté, la yerba à acheter, et ce que l’UNESCO en dit.
Qu’est-ce que le tereré, la boisson nationale du Paraguay ?
Le tereré (prononcé « téréré ») est préparé avec les feuilles de yerba mate (Ilex paraguariensis) et de l’eau très froide, souvent avec de la glace. On ne laisse pas infuser : la yerba est mise dans le récipient, on verse l’eau froide dessus et on aspire le liquide par une paille métallique, la bombilla. On ajoute en général des herbes pilées ou entières, les pohã ñana (« herbes médicinales » en guarani, voir la langue guarani).
Le tereré est un rituel du quotidien plus qu’une recette : le termo accompagne beaucoup de moments de la journée, surtout quand il fait chaud (voir le climat et la meilleure saison). Le mot « tereré » désigne à la fois la boisson et le moment que l’on passe à la boire ensemble. Pour ce qui se mange à côté, voyez la page sur la chipa et la sopa paraguaya.
Il est reconnu comme boisson nationale et patrimoine culturel par la loi n° 4261 de 2011, et inscrit depuis décembre 2020 par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (voir plus bas).
Comment préparer un tereré : la recette pas à pas
Il vous faut de la yerba mate, de l’eau très froide, de la glace, une guampa (ou un verre), une bombilla et un termo ou une carafe pour recharger. Cinq gestes suffisent.
- Remplissez la guampa de yerba environ à moitié. Pour le tereré, choisissez une yerba à mouture assez grossière et peu poussiéreuse, sinon la bombilla se bouche.
- Ajoutez un ou deux glaçons sur la yerba, si vous aimez la boisson bien froide.
- Enfoncez la bombilla d’un geste net, filtre au fond, en gardant la yerba tassée d’un côté. Une fois en place, on ne la déplace plus : la remuer fait monter la poussière et bouche le filtre.
- Versez l’eau très froide doucement, sur le côté, jusqu’à mouiller la yerba. Laissez-la gonfler quelques secondes.
- Aspirez tout le liquide, rendez la guampa à celui qui sert (le cebador), qui la remplit de nouveau. Quand la yerba n’a plus de goût, vidangez et recommencez.
Variantes courantes : herbes fraîches (menthe, cedrón, voir plus bas), tranches de citron ou d’orange, jus d’agrume à la place de l’eau. Les doses varient d’une famille à l’autre : il n’existe pas de mesure officielle, seulement des habitudes. L’erreur du débutant est de tout verser d’un coup ou de prendre une yerba trop fine.
Guampa, bombilla et termo : le matériel du tereré

- La guampa est le récipient dans lequel on boit. Traditionnellement faite dans une corne de bovin, elle existe aussi en bois, en métal ou en plastique, souvent décorée. Une guampa en corne neuve se « prépare » avant usage, sur le conseil des fabricants et des amateurs.
- La bombilla est la paille métallique à filtre qui sert à aspirer l’eau sans avaler la yerba. La fiche de l’UNESCO la décrit comme une paille en métal ou en roseau.
- Le termo garde l’eau et la glace froides pendant des heures. C’est lui que les Paraguayens portent sous le bras.
- Le mortier sert à piler les herbes quand on prépare soi-même ses pohã ñana, d’après la description de l’UNESCO.
Dans les magasins et les marchés de la capitale (voir Asunción), le kit complet se trouve facilement. Ne le confondez pas avec le matériel du maté chaud, qui utilise un récipient plus petit et une bombilla adaptée.
Yuyos et pohã ñana : les herbes du tereré

Les yuyos (« herbes », en espagnol paraguayen) sont les plantes que l’on ajoute à l’eau du tereré. L’ensemble des herbes s’appelle pohã ñana en guarani. Selon l’UNESCO, on les pile au mortier dans l’eau froide d’une carafe ou d’un termo, puis on sert l’eau sur la yerba déjà mise dans le verre.
Les herbes les plus citées par la presse paraguayenne sont la menthe (menta), le cedrón (verveine citronnée), le burrito et le boldo. D’autres existent, avec des noms guaranis (kapi’i katî, kokû…) : ce sont des usages locaux, qui varient d’une région et d’une famille à l’autre. On en trouve sur les étals des marchés.

Étiquette du tereré : la ronde, le cebador et le « gracias »
Le tereré se boit à plusieurs, en ronde. Une seule guampa circule : celui qui sert, le cebador, la remplit, la tend à une personne, qui boit tout, la rend, et le cebador la remplit pour la suivante. Voici les usages les plus souvent rapportés.
- Le cebador est souvent le plus jeune du groupe (le pahague en guarani, « le dernier-né »).
- Entre amis, la ronde tourne vers la droite, d’après la presse paraguayenne. En famille, on sert d’abord les aînés ou le chef de famille.
- Ne dites pas « gracias » tant que vous voulez boire. Le mot signifie que vous arrêtez : le cebador ne vous tend plus la guampa. Un débutant qui remercie par politesse au premier tour peut se faire sauter de la ronde.
- Buvez toute la guampa avant de la rendre, sans fouiller la yerba avec la bombilla.
Ces règles sont des coutumes, pas des lois, et chaque famille a ses variantes. En cas de doute, regardez comment font les autres. L’UNESCO retient d’ailleurs que la pratique favorise « l’inclusion, l’amitié, le dialogue, le respect et la solidarité ». Partager la même bombilla est la norme traditionnelle, mais rien ne vous oblige à le faire : si cela vous gêne, vous pouvez décliner poliment ou boire avec votre propre bombilla.
Tereré ou maté : quelle différence ?
Le tereré et le maté partent de la même plante, la yerba mate. La différence tient à la température de l’eau, au matériel, et aux habitudes de consommation.
| Critère | Tereré | Maté (chaud) |
|---|---|---|
| Eau | Très froide, avec glaçons | Chaude, sans bouillir |
| Récipient | Guampa (corne ou autre), grande | Calebasse ou petit récipient |
| Herbes | Pohã ñana très courantes | Plus rares |
| Image au Paraguay | Boisson nationale (loi n° 4261, 2011) | Boisson d’autres pays de la région |
Attention à une confusion fréquente en France : le « maté glacé » en bouteille ou en sachet n’est pas du tereré. Il s’agit d’une infusion chaude refroidie, alors que le tereré se fait à froid, sur la yerba, au moment de boire. Le maté chaud brésilien s’appelle chimarrão. Le tereré est aussi bu dans le nord-est de l’Argentine et dans le Mato Grosso do Sul, au Brésil.
Où acheter de la yerba pour le tereré, au Paraguay et en France

Au Paraguay, la yerba se trouve partout : supermarchés, épiceries de quartier, marchés. Plusieurs marques coexistent, dont Pajarito, entreprise paraguayenne qui organise son propre Tereré Fest. Regardez le paquet : certains sont indiqués « pour tereré », avec une mouture adaptée, d’autres sont vendus pour le maté chaud. Les prix s’affichent en guaraníes (cours et billets) et varient selon la marque, la mouture et le magasin : nous ne donnons pas de tarif, qui ne serait plus valable en quelques mois.
En France, la yerba mate se vend en boutique spécialisée dans le maté, en épicerie sud-américaine ou en ligne. Ces boutiques proposent le plus souvent des yerbas d’origines et de marques variées : vérifiez le pays d’origine sur le paquet si vous cherchez une yerba paraguayenne, et choisissez une mouture fine à moyenne sans trop de poussière pour le tereré. Le matériel (guampa, bombilla, termo) s’y trouve aussi. Pour le goût, une yerba « con palo » ou « sin palo » est une question d’habitude, pas de qualité.
Rapporter du Paraguay : un paquet de yerba et une guampa font un souvenir simple à transporter. Renseignez-vous avant le départ sur les règles douanières applicables aux produits végétaux transportés depuis un pays hors de l’UE.
Histoire du tereré : origine guarani et guerre du Chaco
La yerba mate est une plante de la forêt atlantique du Paraguay, de l’Argentine et du Brésil. Le tereré est présenté comme une boisson ancestrale guarani. Boire la yerba à l’eau froide ou tiède semble antérieur à l’arrivée des Européens. Des chroniques des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles en témoignent, notamment à l’époque des missions jésuites (Wikipédia). La fiche de l’UNESCO indique que la pratique se transmet dans les familles paraguayennes depuis environ le XVIe siècle.
On entend souvent que le tereré est né pendant la guerre du Chaco (1932-1935) : les soldats paraguayens auraient bu l’eau froide pour ne pas trahir leur position avec la fumée d’un feu. Cette histoire circule beaucoup, mais elle est rapportée au conditionnel, y compris par des sources qui la mentionnent, et elle contredit des témoignages bien plus anciens. Retenez-la comme une légende qui a peut-être contribué à populariser la boisson, pas comme son origine. Pour la région où se déroula la guerre, voir le Chaco paraguayen.
Les autres anecdotes en circulation (origine du mot « tereré », mélanges inventés au XXe siècle, interdictions anciennes) sont des hypothèses ou des traditions orales : nous ne les présentons pas comme des faits.
Tereré à l’UNESCO et jour national du tereré
En décembre 2020, le comité intergouvernemental de l’UNESCO a inscrit les « Pratiques et savoirs traditionnels du tereré dans la culture du Pohã Ñana, boisson ancestrale guarani du Paraguay » sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (décision 15.COM, fiche n° 01603). Le dossier est paraguayen. Le pays l’avait d’abord reconnu au niveau national, par la Secretaría Nacional de Cultura (résolution 219/2019, d’après Wikipédia en espagnol).
Le Día Nacional del Tereré tombe le dernier samedi de février, fixé par la loi n° 4261 de 2011 qui déclare le tereré patrimoine culturel et boisson nationale du Paraguay (à l’initiative du député Dionisio Ortega). Dates : samedi 28 février 2026, puis samedi 27 février 2027. La presse locale rapporte des événements et des rondes dans le pays ce jour-là.
Sources et date de vérification
Informations vérifiées le 18 octobre 2026. Inscription UNESCO : fiche n° 01603 sur ich.unesco.org, lue via une copie d’archive. Loi n° 4261 et jour national : quotidien La Nación (24 février 2024) et Wikipédia en espagnol. Le texte de la loi sur bacn.gov.py n’a pas pu être consulté, la date exacte de promulgation n’est donc pas indiquée. Étiquette : quotidien ABC Color (18 décembre 2020) et Wikipédia en espagnol, des sources secondaires qui rapportent des coutumes. Origine et guerre du Chaco : Wikipédia en espagnol et en français. Marque Pajarito : pajarito.com.py.
